De GOLD à BODE
6 000 posters et les acronymes fleurissent. Toutes sub-spécialités confondues c’est GOLD (Global initiative for chronic Obstructive Lung Disease) qui remporte la palme mais, lorsque l’on s’intéresse plus spécifiquement à la BPCO, l’utilisation de BODE est de plus en plus fréquente.
Le GOLD a publié ses premières recommandations pour le diagnostic et la classification de la sévérité de la BPCO en 2001. Depuis, il y a eu 2 modifications essentielles. Le diagnostic de la BPCO est donc fonctionnel basé exclusivement sur la diminution du rapport VEMS/CVF, qui doit être inférieur à 0,70. La classification de la sévérité est quant à elle basée sur le rapport VEMS/VEMS théorique.
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VEMS/Th |
VEMS/CVF |
Stade I |
> 80 % |
< 0,70 |
Stade II |
50 à 80 % |
Stade III |
30 à 50 % |
Stade IV |
< 30 % |
La première modification, mineure, a été la transformation du stade IIb en III et du stade III en IV. La seconde, capitale et très récente (15 novembre 2006), a été la suppression du stade 0 (toux, crachats… VEMS/CVF normal) qui correspondait en fait à la bronchite chronique. Chacun sait que la bronchite chronique (BC) n'est pas la BPCO mais ce stade 0 laissait penser que l'on pouvait évoluer de la BC à la BPCO alors qu'il est depuis longtemps connu que le chevauchement entre les deux maladies n'affecte que 10 à 15 % des patients. C'est bien l'absence de signes cliniques patents qui rend difficile le diagnostic de BPCO.
En bref, GOLD classe la sévérité de la maladie respiratoire. C'est évidemment nécessaire mais totalement insuffisant. On sait maintenant que la BPCO est une maladie générale à point de départ respiratoire. On sait également que c'est la maladie générale et plus particulièrement l'atteinte et l'atrophie musculaire qui sont des facteurs prédictifs de la mortalité de la BPCO et non pas la maladie respiratoire.
C'est là qu'intervient le BODE pour Body mass index (BMI), Obstruction (VEMS), Dyspnea, Exercice (test de marche de 6 min [TDM6]). C'est le premier index intégré de la maladie générale BPCO. Intégré avec sa partie respiratoire (VEMS), sa partie systémique (BMI, TDM6) et la résultante des 2 : la dyspnée. Il est coté de 0 à 10 et, au-delà de 7, l'espérance de vie à 52 mois est de 18 %. Publié en 2004 (NEJM) par Celli, cet index a un succès certain et non démenti à l'ATS 2007. La question actuelle est celle de sa sensibilité aux interventions thérapeutiques puisque l'on sait depuis longtemps que celle du VEMS est quasiment nulle.
| Pr Christian Préfaut, CHU Montpellier |
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