Des nouveautés en
pharmacologie
Un entretien avec le Pr Philippe DEVILLIER
Hôpital Foch, Suresnes
Quelles sont les nouveautés de l’ATS 2007 dans le domaine de la pharmacologie et de la BPCO ?
En fait, très peu de données nouvelles ont été communiquées au cours de ces deux premières journées. Quelques études ont été présentées avec de premiers résultats sur de nouveaux antagonistes des récepteurs M3, anticholinergiques de longue durée d’action « tiotropium like », mais ces nouveaux produits en sont encore au stade de développement. Les résultats présentés semblent montrer que l’on se dirige vers une sélectivité encore renforcée.
Si l’on sort du cadre de la BCPO, quelles sont les études qui vous ont semblé présenter un intérêt majeur ?
Dans l’asthme, plusieurs études très importantes ont été présentées. La première (Singh SD, Abstract F36) s’est intéressée à un nouvel inhibiteur de l’enzyme (NO synthase) impliquée dans la production de NO. Lorsqu’il est administré chez l’homme à une posologie journalière de 90 mg, ce produit permet d’inhiber presque complètement (près de 90 %) la production de NO exhalé. SD Singh s’est ensuite intéressé à l’impact sur la fonction pulmonaire et à la réponse à une provocation bronchique à l’allergène et à l’AMP. Les résultats montrent une absence de protection vis-à-vis des provocations bronchiques, à la différence du bras contrôle montelukast. Cette étude permet de répondre à une question qui jusqu’à présent était demeurée sans réponse : le NO exhalé est certes un bon marqueur de l’inflammation bronchique mais en aucun cas un acteur de l’inflammation. Une autre étude (Boulet LP, Abstract A57) a fait inhaler à des asthmatiques allergiques des nucléotides anti-sens (ASM8) ciblant les récepteurs de l’IL-3, de l’IL-5, du GM-CSF et du récepteur CCR3. Au total, 17 patients ont été traités 2 fois de suite par ces oligonucléotides et ont eu un test de provocation allergène avant et après l’administration du traitement. Les résultats montrent dans le bras ASM8 une réduction de la phase immédiate et retardée de l’obstruction bronchique ainsi qu’une diminution d’environ 50 % du recrutement des éosinophiles. Cette étude démontre l’implication de ces cytokines dans l’obstruction bronchique induite par l’inhalation d’allergènes. Enfin, I. Pavord a - au cours d’une communication orale (Session B8) très remarquée - confirmé l’intérêt des anti-TNF alpha (etanercept) chez les patients présentant un asthme sévère réfractaire. L’amélioration clinique de ces patients est corrélée à l’expression au niveau des cellules sanguines de la présence de TNF alpha lié à la membrane cellulaire. Il suggère que les patients les plus à même de bénéficier de ce traitement pourraient être les asthmatiques avec une prédominance de neutrophiles au niveau de l’expectoration.
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