Gestion à distance et prévention des exacerbations
Un entretien avec le Dr FC CORDOVA
Pittsburgh, Etats-Unis
Les exacerbations entraînent des hospitalisations, augmentent la mortalité et diminuent la qualité de vie. Dans votre étude (Abstract A410), vous proposez une gestion à distance des patients, en quoi cela consiste-t-il ?
Le travail réalisé dans notre étude consiste, chez des patients BPCO non hospitalisés depuis plus de trois mois, à compléter tous les jours sur un agenda électronique la présence ou non de symptômes « majeurs » (dyspnée, expectoration, abondance et aspect) et de symptômes « mineurs » (peak flow, fréquence cardiaque, fréquence respiratoire, toux, sibilants, sensation de gorge douloureuse, congestion nasale et température). Ces données sont transmises quotidiennement par téléphone à un centre de coordination. A partir de ces éléments, un score composite est élaboré qui permet de classer les patients en trois niveaux de sévérité : léger, modéré ou sévère. Les patients ont ensuite été randomisés en deux groupes : le premier suivant des procédures de soins standard et le second recevant des consignes d’une infirmière du centre de coordination en fonction des variations du score quotidien de chaque patient. Les procédures communiquées par l’infirmière avaient été préalablement établies pour chaque niveau de sévérité.
Quels sont les principaux résultats de cette étude ? Que peut-on en conclure ?
Au total, 11 patients ont suivi les procédures de soins habituelles et 10 patients les procédures intégrant la gestion à distance et ce, sur une durée moyenne de 170 jours pour les premiers et de 179 jours pour les seconds. Nos résultats montrent que le nombre d’exacerbations est significativement plus élevé dans le groupe qui a suivi les procédures habituelles. Nous pouvons en conclure qu’un accès même simplifié à une structure de soins permet de diminuer le nombre d’exacerbations.
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