Un symposium, 2 mini-symposiums, 12 sessions posters, cette journée de mardi est décidemment dédiée à la BPCO. Difficile de trouver son chemin entre ces posters provenant des 4 coins de la surface du globe pour confirmer des données établies et ces quelques recherches sur la BPCO de demain, comme celles s’intéressant à la génétique.
A travers les commentaires, les discussions, les symposiums, un souci majeur semble ressortir : comment évaluer l’efficacité d’un traitement de la BPCO que ce soit dans une cohorte de patients ou au cabinet du pneumologue ? Quelle est, quelles sont la ou les variables simples à mettre en place, peu coûteuses, sensibles et reconnues en particulier par les autorités de tutelles ?
Le gold standard est le VEMS demandé par toutes les administrations de santé y compris la FDA. Il est effectivement simple, peu coûteux mais absolument peu sensible. Il a été proposé d’abaisser le MCID (seuil de variation clinique pertinent) de 200 ml à 100-140 ml. Pourquoi ? Cela va à l’encontre de toutes les recommandations. Il est également proposé d’utiliser d’autres paramètres spirographiques, comme la CVF ou le VEM6 déjà plus pertinents. Mais l’avis est unanime : il faut « sortir » du VEMS.
Alors : la dyspnée ? Ce n’est pas l’idéal pour des raisons simples. Au cours des activités de la vie quotidienne, les échelles en 5 points (MRC, Sadoul) ne sont pas suffisamment sensibles pour un individu donné, le MCID étant d’un point. La dyspnée à l’exercice ne se modifie guère. Semblable à un signal d’arrêt, elle se manifeste à la même intensité mais pour un effort beaucoup plus important.
Les tests d’exercice recueillent tous les suffrages, en premier lieu parce qu’il s’agit d’épreuves intégrées (mobilisant cœur, poumon, muscles, mental…). On voit apparaitre en premier le test de marche de 6 minutes (TDM6) : facile, peu coûteux, sensible. Il est suivi, et c’est nouveau, par le test navette, qui dans sa forme "endurance" est beaucoup plus sensible que le TDM6. Pour les études scientifiques, une mention spéciale pour les tests d’endurance sur ergomètre, non réalisés en routine. Et la VO2 max ? Non mentionnée : trop peu sensible à partir d’un appareillage trop coûteux.
La qualité de vie a une place particulière. Il s’agit aussi d’un test intégré, indispensable dans cette BPCO, maladie générale. Les questionnaires actuels sont parfaitement validés et sensibles pour des cohortes de sujets, mais pas à l’échelle individuelle. Un test simple, court, sensible, utilisable en cabinet reste à valider et sera d’importance clinique majeure.
Et le BODE dont nous avons parlé hier ? Il est de toutes les conférences et sur beaucoup de posters. Mais le recul est encore insuffisant pour mieux l’appréhender et connaitre sa sensibilité.
Alors, que faire en cabinet ? Mesurer le VEMS, sans trop en attendre, mettre plus d’espoir dans la CVF et s’adonner au test de marche de 6 minutes, à moins bien sûr de créer un questionnaire court de qualité de vie.
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