Le rideau se baisse sur cette réunion de l'ATS 2007 à San Francisco. Le cru était bon, sans doute pas majeur. Pourtant, nous allons quitter cette salle de rédaction avec une certaine nostalgie. Une dernière question : dans cette floraison de posters, à quoi s'intéressent les grandes équipes qui travaillent sur la BPCO ? Il semble effectivement y avoir un sujet « à la mode » : la mobilité des BPCO ou plutôt leur immobilité, facteur - au-delà de la maladie respiratoire proprement dite - d'une grande partie de leurs maux.
Il existait les questionnaires d'activité physique : chronophages et souvent peu prisés des médecins. Durant cette session de l'ATS, on a parlé un peu de podomètres, beaucoup d'accéléromètres. Ces derniers sont nombreux sur le marché, il a donc fallu les comparer : mono-axial versus tri-axial, temps d'activité versus intensité, rapport qualité/prix…
Mais, tout d'abord, qu'est-ce qu'une activité physique normale ? Clairement, il n'y a pas de consensus à ce sujet, y compris sur le mode d'expression. En temps : une demi-heure par jour, en pas :
10 000 pas/jour ou en unités de tel ou tel accéléromètre. Par contre, nous avons des résultats. Par exemple, les patients BPCO dès le stade GOLD II ont une diminution significative de
20 % du nombre de pas effectués chaque jour. Chez les patients en attente de transplantation pulmonaire, ce nombre est aussi bas que 14 % de la norme, c'est-à-dire 1 400 pas/jour. Ces patients sont pratiquement immobiles. Les résultats des accéléromètres sont promis à un grand avenir, car beaucoup plus discriminants et plus explicatifs que la simple podométrie, comme l'illustre ce diagramme tiré d'un travail du groupe de Richard Casaburi. En ordonnée, un index d'activité et ce en fonction des heures de la journée. À 8 heures, 12 heures, 17 heures, les sujets normaux présentent des pointes qui multiplient par 5-6 l'activité mesurée au réveil. Chez les patients atteints de BPCO et sous OLD (oxygénothérapie longue durée), ce niveau est seulement multiplié par 2, mais observez : il n'y a aucune pointe d'activité, la courbe est lisse. On imagine, chez ces patients, quels que soient leurs déplacements à l'intérieur ou à l'extérieur, une démarche à petits pas, à pas comptés limitant toute dépense d'énergie.
En fait, c'est après une prise en charge thérapeutique que ces accéléromètres prendront tout leur intérêt clinique. Le patient BPCO traité, le patient BPCO réhabilité modifie-t-il ses comportements, le but recherché de toute thérapeutique ? Peut-on vraiment modifier un comportement, retrouver une activité subnormale, voire des pointes d'activité et donc sortir du cercle vicieux de la maladie ? Les accéléromètres nous le diront peut-être.
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