: San Francisco, États Unis

- Le renouveau du « step test » comme test d’effort en cabinet

- Un risque de pneumonie augmenté dès le stade GOLD 2

- Plus de 90 % des exacerbations toujours traitées par antibiothérapie

 
 
    Un entretien avec le Dr Grégory NINOT
  Un entretien avec Dr Thierry Troosters

Limitation de l’activité physique dans la BPCO

Dr Troosters, vous avez participé à un symposium sur le thème de la limitation de l’activité physique dans la BPCO (Activity limitation in COPD – Session E1). Que peut-on en retenir ?
Nancy Leidy (Bethesda, États-Unis) a tout d'abord rappelé les différentes définitions de l'activité physique et de la capacité fonctionnelle, illustrant les difficultés rencontrées pour obtenir des définitions consensuelles. Sa conclusion est que, comme dans d'autres maladies chroniques, l'activité physique est un élément incontournable dans la BPCO. J'ai ensuite présenté nos travaux sur les différentes mesures de l'activité, ou plutôt de l'inactivité, chez les patients BPCO. Une étude parue en 2005 et réalisée avec un accéléromètre avait déjà montré que le temps de marche chez des patients avec une BPCO modérée à sévère est divisé par deux par rapport à un sujet normal. Une étude plus récente montre que, même dans les stades légers à modérés (GOLD 1 ou 2, VEMS < 80 %), la chute des activités quotidiennes est importante. Tout ceci montre bien que les patients BPCO sont au milieu d'un véritable cercle d'inactivité ( figure ) avec autoaggravation de la maladie : l'inactivité est à l'origine d'un déconditionnement de la BPCO, et cela est observé dès les premiers stades de la maladie. Enfin , les exacerbations particulièrement fréquentes chez les patients BPCO sont à l'origine d'une aggravation de l'inactivité et de la morbi-mortalité. Les études ont montré que même un mois après un épisode d'exacerbation, le degré d'inactivité chez un patient BPCO est comparable à celui d'un patient en liste d'attente de transplantation d'organe. C'est pourtant le moment choisi pour réactiver le patient, car on sait que l'inactivité ne disparaîtra pas toute seule.



Les deux dernières présentations traitaient justement de la morbi-mortalité et de la nécessité de relancer l’activité chez les patients BPCO. Que peut-on recommander à ces patients en pratique clinique ?
Effectivement, Judith Garcia-Aymerich (Barcelone, Espagne) a rappelé que l'inactivité en soi est étroitement liée à la morbidité et à la mortalité. Dans ce contexte, il paraît raisonnable de recommander à un patient BPCO 30 minutes d'activité par jour avec un niveau modéré d'activité. Enfin, M. Morgan (Leicester, Royaume-Uni) a centré son exposé sur les différents programmes d'action et considère que l'intervention la plus efficace est la réhabilitation pulmonaire. Il a également insisté sur la nécessité de traitements médicamenteux appropriés, efficaces et bien tolérés, accompagnement indispensable des programmes de réadaptation, et sur les programmes de post-réhabilitation qui permettent de maintenir les acquis.

>> Brèves

  Ceci est un compte-rendu de congres dont l’objectif est de fournir des informations sur l’état actuel de la recherche ; ainsi, les données présentées sont susceptibles de ne pas être validées par la commission d’autorisation de mise sur le marché de l’agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) et ne doivent donc pas être mises en pratique.
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